BookCamp Montréal: Auteurs et communautés

octobre 3rd, 2011 by bruno boutot

N’ayant pas le don d’ubiquité, je n’ai pu passer qu’en coup de vent au BookCamp Montréal.

Une  deuxième édition très réussie, sous la houlette magique de Patrick M. Lozeau et Christian Liboiron.

Photo: Lucie Bernier

J’ai quand même eu la chance de participer à la fin d’une session animée par Martin Lessard, formidable dans cet exercice de haute voltige.

Comme José Plamondon le rappelle si bien dans son blog et sur Twitter on a parlé brièvement de « livre et communauté ».

J’y ai cité plusieurs auteurs qui s’occupent eux-mêmes de leur présence sur le Web, dont deux qui animent autour d’eux une communauté. Si vous voulez en savoir davantage, voici les liens.

Warren Ellis se présente chaque mois dans son blog, donc le voici. Il a aussi créé un forum de discussion très animé, White Chapel, avec des règles de participation. C’est une grande réussite d’animation de communauté, un talent que n’ont pas forcément tous les auteurs.

Mais il y a d’autres façons de rester en contact avec ses lecteurs.

L’auteur Charles Stross écrit un blog où il échange activement avec ses lecteurs. ll pose régulièrement des questions sur les sujets de ses romans et de ses recherches. Il y a un groupe d’habitués mais tout le monde est bienvenue. Quand il doit s’absenter, il invite un autre auteur à occuper son podium, comme c’est le cas en ce moment (début octobre 2011).

J’ai également cité Cory Doctorow, qui a créé un blog collectif très célèbre, boingboing, dans lequel il poste régulièrement. Les commentaires sont ouverts, ainsi que sur son site personnel, craphound.

William Gibson n’est pas un grand blogueur, mais c’est un des plus doués pour les relations avec ses lecteurs sur Twitter. Presque tous les jours il répond à des questions et échange sur des sujets réels ou imaginaires.

Les commentaires ne sont pas ouverts sur le blog de Bruce Sterling dans Wired, Beyond the Beyond, mais il y poste volontiers des sujets proposés par les lecteurs. Il répond aux questions chaque année lors d’un échange ouvert sur le Well.

Sans oublier le courriel. L’important, c’est que ce sont tous des auteurs qui se rendent accessibles. J’ai échangé avec chacun d’entre eux, par courriel ou sur leur blog. En plus certains auteurs sont sur Twitter, sur flickr ou autre.

Chaque auteur est en fait au centre de sa communauté, qu’il ait envie ou non de se manifester. Il y a aujourd’hui suffisamment d’outils gratuits pour que chacun communique à sa guise avec ses lecteurs.

bruno boutot

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Comment faire tout de suite du journalisme Web de collaboration

mai 26th, 2011 by bruno boutot

Voici donc les notes mentionnées dans l’article précédent en préparation de la session que j’anime au MediaCamp Montréal:

Comment commencer tout de suite à faire du journalisme Web en collaboration avec vos lecteurs simplement avec votre blog,
en attendant que votre éditeur vous fournisse un jour les vrais outils.

Pour référence, j’ai abordé ce thème souvent et depuis longtemps sous différents angles, par exemple, ici, ici et ici ou, en anglais, .

Notez que je suis d’accord que chacun fait ce qu’il veut dans son royaume mais que ce thème traite très précisément de journalisme, dont la pratique et les circonstances ne s’appliquent pas forcément à tous. Pour se mettre dans le contexte, voici des extraits d’un reportage dans cyberpresse.ca de Nathalie Collard, quand elle couvrait les conférences du festival SxSW à Austin, Texas, en mars dernier:

Le journalisme de demain, aujourd’hui

J’ai retenu des passages qui viennent entre autres de la conférence de Jay Rosen

  • les journalistes, ces solitaires, devraient accepter de s’ouvrir et de collaborer. Ce constat est non seulement largement accepté, il est déjà mis en pratique.
  • Dans TOUS les ateliers portant sur l’avenir du journalisme, on parle de cette nouvelle collaboration avec les lecteurs (des non-journalistes) qui sont aussi les abonnés Twitter et Facebook des journalistes et des médias.
  • Ces lecteurs, ces consommateurs d’information, sont de moins en moins passifs. Ils font des commentaires, proposent leur propre analyse et deviennent parfois des sources pour les reporters. Les médias doivent donc penser à de nouvelles façons de mettre en lumière leur contribution.
  • pour réussir à produire un contenu de qualité en intégrant des collaborations locales extérieures, les médias doivent absolument se bâtir un bassin d’excellents lecteurs-collaborateurs. C’est ce qu’on appelle la communauté. Les médias doivent cesser de considérer leurs lecteurs/auditeurs/téléspectateurs uniquement comme un bassin de consommateurs potentiels à qui on peut vendre de la publicité. Ils doivent plutôt trouver des méthodes pour engager la conversation et pour construire une collaboration durable avec eux.
  • Hier matin, l’auteur Jeff Jarvis poussait la réflexion plus loin en se demandant si les médias ne devaient pas fournir davantage d’outils à leurs lecteurs afin de les inciter à participer davantage.

Dans cette veine, voici les avenues que je propose d’explorer:

.

I – UN BLOG, C’EST CHEZ VOUS

Yves Boisvert m’a fait rire quand il pété un plomb dans cyberpresse.ca mais sur le fond, il a raison: un blog (ou n’importe quel site appartenant à quelqu’un) c’est « chez quelqu’un ». Les gens qui ont des blogs ou qui ont participé à des communautés sur le Web connaissent bien ce principe parce qu’ils y ont été confrontés des centaines de fois: un blog c’est un lieu qui appartient à quelqu’un (ou dont quelqu’un est le gardien).

Les hurlements des commentateurs – souvent anonymes – qui exigent « la démocratie » sont dans l’erreur, toujours, et se le font régulièrement rappeler. Un média, où qu’il soit et quelle que soit son importance n’est pas une place publique, ni la toundra, ni le milieu de l’océan. C’est un lieu privé dont quelqu’un est responsable.

Est-ce que quelqu’un peut faire n’importe quoi dans un restaurant, dans un commerce, dans une salle de spectacle? Bien sûr que non! Ça a l’air évident mais vous n’avez aucune idée combien de fois j’ai dû expliquer cela à des professionnels par ailleurs plus compétents que moi mais qui se laissaient déborder (ou insulter) sous le faux prétexte de la « liberté d’expression ».

Un blog, un forum, un site, c’est un lieu privé. Il ne s’y passe que ce que les responsables décident. Et quand on est responsable, il ne faut avoir aucune gène, aucune hésitation, aucun complexe à décider. C’est pour cela que tout espace ouvert à la collaboration doit exprimer le plus clairement possible quel type de collaboration on recherche, ce qu’on y fait, comment on le fait et qui peut faire quoi et comment.

Un restaurant indique clairement que c’est un lieu où l’on peut manger en payant. Et le menu est généralement affiché. On ne vient pas y garer son vélo, y acheter une chemise ou y déclamer des poèmes. Tout lieu sur le Web doit être aussi clair qu’un restaurant sur la nature de l’activité qu’on y pratique et sur les gens qui y sont conviés.

Et les règles, le sujets, les personnes et les types de collaboration peuvent (doivent?) être différents pour chaque blog, pour chaque auteur et sans doute parfois pour chaque sujet. C’est chez vous? Soyez singulier.

De quels outils a-t-on besoin pour faire respecter notre territoire journalistique?

.

II – AVOIR UN BLOG OUVERT À LA COLLABORATION, C’EST DE LA RÉDACTION EN CHEF

Je ne sais pas si vous avez déjà été rédacteur ou rédactrice en chef d’un produit de presse, mais voilà ce que ça veut dire pour moi:

En tant que rédacteur en chef, je suis responsable de tout le contenu de mon média.

Responsable, ça veut dire: j’ai tout lu, tout vérifié, tout approuvé et s’il y a lieu j’ai révisé, corrigé, réécrit, mis en forme. Ou j’ai fait confiance à quelqu’un pour faire tout cela, mais le résultat est le même: dans tous les cas, s’il y a erreur de fait, faute d’orthographe, citation erronée, c’est ma responsabilité pas celle de mes collaborateurs. Je les couvre parce que quand je publie quelque chose, j’endosse tout: c’est moi qui présente ce contenu.

Cette seule idée fondamentale suffit à changer tout le contexte et permet d’amorcer une collaboration avec les gens que ça intéresse. Cela fait cesser immédiatement toutes les complaintes des journalistes impuissants qui se lamentent de la qualité des commentaires qui suivent leurs écrits: si ce blog est le mien, je suis responsable de tout ce que j’y publie, y compris les collaborations d’autres personnes.

Est-ce possible? Sûrement, si on trouve des réponses aux deux questions suivantes.

.

III – QU’EST-CE QU’ON FAIT DANS (ET AUTOUR DE) CE BLOG? DU JOURNALISME

Il faut en finir une fois pour toutes avec la dichotomie actuelle entre les textes de journalistes qui sont « de l’information » et les commentaires des lecteurs qui sont « n’importe quelle opinion sur ce texte, sur cette information, sur la personne qui l’a écrite ou sur un commentaire précédent. » Sauf, bien sûr, dans le cas où vous voulez, précisément, connaître l’opinion de vos lecteurs, mais ce n’est pas le sujet ici.

Ici, on parle de faire du journalisme Web de collaboration avec les lecteurs que ça intéresse.

Donc on décide faire du journalisme: recueillir de l’information, des faits, des références, des dates, des chiffres, des graphiques, des noms, des citations, des images, des vidéos, du son. Puis les assembler, les présenter. Puis, comme on est sur le Web, les suivre, les enrichir et les mettre à jour.

À quoi ça ressemble?
Bonne question: on est là pour explorer. D’ici là, il y a des journalistes qui utilisent déjà Twitter et leur blog pour faire des recherches avec certains de leurs lecteurs.

De toute évidence, il faut se comporter comme un rédacteur en chef: choisir avec ses collaborateurs un thème, un ou plusieurs sujets et trouver des informations, des faits , des références, etc.

.

IV – AVEC QUI ON FAIT DU JOURNALISME? AVEC LES GENS QUE L’ON CONNAÎT

C’est un fait bien connu des résidents du Web: les communautés grandissent une personne à la fois.
Beaucoup de journalistes vivent sous la pression terrible qu’ils doivent ouvrir leurs pages à n’importe quel millier de lecteurs qui passe par là. Rien ne nous y oblige.
Les communautés grandissent une personne à la fois? Faisons donc grandir notre bassin de collaborateurs une personne à la fois.

Là, d’un seul coup, tout devient plus simple.
Partons de zéro.
Connaît-on au moins une personne dont on est sûr de l’identité sur le Web et qui est intéressée à collaborer avec nous?

1!

2? Tous les journalistes partent avec un avantage énorme: ils connaissent avec certitude l’identité sur le Web de nombre de leurs collègues journalistes.

On voit déjà beaucoup de journalistes échanger sur Twitter. Pourquoi ne le feraient-elles pas sur leur blog?
Aussi, la première communauté d’une rédaction, ce sont ses journalistes.

Le problème fondamental de la collaboration sur le Web, c’est l’identité des participants.
Il existe beaucoup de systèmes différents pour établir une identité stable, que ce soit celle de Twitter, celle de Metafilter, celle de Google Profile, celle de flickr, celle de Linkedin, celle de facebook, celle de eBay, celle de Worth1000, celle d’Amazon et tant d’autres. Dans une entreprise de presse, seuls les éditeurs peuvent décider d’investir dans un système sérieux d’identité pour les collaborateurs, où l’on enregistre les collaborations, où l’on s’en souvient, où on les apprécie et, s’il y a lieu, où on les récompense.

Mais comme le dit le titre de cette session, il s’agit aujourd’hui de tenter de faire du journalisme Web de collaboration tout de suite, en attendant que notre éditeur voit la lumière et nous en donne les vrais moyens.

On peut commencer tout de suite, sans être pressé: une personne à la fois. Une que l’on connaît, une que cette personne connaît, une dont l’identité est déjà établie de plusieurs sources sur le Web, etc.

Le reste, c’est du journalisme.

Qu’est-ce qu’on attend?

– | –

Quelques références:

Jay Rosen écrivait dans Twitter:

L’art de créer de meilleures conversations dans les commentaires n’est pas un des mystères de l’Internet. En fait, beaucoup de connaissances sont disponibles sur le sujet.

Il y introduit un article de Matt Thompson dans Poynter dont je recommande la lecture (et la relecture) dans lequel ce dernier explique comment améliorer les conversations. Matt s’inspire notamment de la communauté MetaFilter, qui est également ma référence pour beaucoup des structures de communauté.

Indispensable: les recommandations du Guardian à ses journalistes pour leurs interventions dans les blogs et les commentaires.

Enfin l’article de Benoit Raphaël où il présente l’espace de participation Le Plus qu’il a conçu pour le Nouvel Observateur:

L’idée ici est bien d’embarquer l’auteur “citoyen” dans une dynamique éditoriale.

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Journalisme Web au Médiacamp Montréal 2011

mai 16th, 2011 by bruno boutot

Le 28 mai 2011, je vais animer une session au Mediacamp Montréal 2011 sur le thème:

Comment commencer tout de suite à faire du journalisme Web en collaboration avec vos lecteurs simplement avec votre blog,
en attendant que votre éditeur vous fournisse un jour les vrais outils.

Je crois bien que dans ma vie entière de journaliste je n’ai jamais écrit de titre aussi long!
Ce n’est pas très accrocheur, cependant je ne m’adresse pas au grand public dans un kiosque mais à des professionnels très occupés et il vaut mieux être explicite. :-)

J’ai déjà expliqué ici ce que sont les camps, mais à titre de rappel simple: les conférences traditionnelles ont un conférencier et invitent des auditeurs; les camps ou anticonférences n’invitent que des participants. Le rôle de l’animateur d’un camp est donc simplement de présenter le sujet, d’animer la discussion entre les participants et d’en retenir l’essentiel.

J’ai participé depuis leur origine à l’animation des Webcamps créés par Sylvain Carle au Webcom Montréal. J’ai également présenté le concept des camps à des groupes qui voulaient en organiser, entre autres à des responsables en informatique du gouvernement à Québec et aux HEC à Montréal.

Au cours des prochains jours, je vais poster ici mes notes concernant le sujet et quelques pistes à explorer.

Donc, l’important, bien sûr, c’est de participer :-) mais d’abord, pour pouvoir participer au MediaCamp Montréal il faut s’inscrire:

MediaCamp Montréal

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L’avenir du livre se joue tous les jours en direct

avril 1st, 2011 by bruno boutot

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Journalisme et information au Québec: les 51 recommandations du rapport Payette

janvier 26th, 2011 by bruno boutot

Le rapport du « Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’Information au Québec« , aussi appelé « Rapport Payette », a été publié aujourd’hui. Il contient 51 recommandations.

Son titre officiel est L’information au Québec: un intérêt public. Ces recommandations et le rapport sont accessibles en pdf à partir du lien situé au bas de cette page.

Ce rapport traite ensemble beaucoup de sujets qui ne sont pas forcément liés et nul doute que sa publication va entraîner des débats, que l’on peut amorcer dans ce blog ou ailleurs. En attendant, en tant que journaliste, ma priorité est de rendre ces recommandations disponibles.

UN NOUVEAU MODÈLE DE RÉGULATION DE LA PRESSE

Recommandation 1
Nous recommandons l’adoption d’une Loi sur le statut des journalistes professionnels
du Québec.

Recommandation 2
Dans la loi qui sera promulguée sur le statut des journalistes professionnels, que soit inclus
un chapitre spécifique sur les journalistes professionnels indépendants leur octroyant des
conditions apparentées à celles dérivées de la loi québécoise sur le statut de l’artiste (Loi sur
le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et
du cinéma ou Loi 90) c’est-à-dire leur permettant de négocier des conditions minimales de
travail et un contrat type incluant les droits de suite ainsi que la protection contre d’éventuelles
poursuites judiciaires.

Recommandation 3
Nous recommandons à la ministre de demander au Conseil de presse du Québec et à la
Fédération professionnelle des journalistes du Québec de mettre au point le Code de déontologie des journalistes professionnels du Québec dans un délai maximum d’une année.

Recommandation 4
Qu’une structure de gestion du titre de journaliste professionnel soit instituée et qu’elle ait
le mandat de définir les critères devant être rencontrés pour le droit l’obtention du titre de
journaliste professionnel.

Recommandation 5
Nous recommandons que 25 % du budget dont disposera le Fonds pour le journalisme québécois
soit versé à l’organisation qui se chargera de la gestion du titre de journaliste professionnel.

Recommandation 6
Que des avantages soient associés à l’obtention d’un statut de journaliste professionnel dont :
1. Que le secret des sources des journalistes professionnels soit protégé par des dispositions
similaires à celles apparaissant aux articles 3 et 4 de la Loi du 7 avril 2005 relative à la
protection des sources journalistiques en Belgique.
2. Que la Loi sur le statut des journalistes professionnels oblige tout ministère, organisme ou
régie gouvernementale à soutenir le journaliste professionnel en regard de toute demande
d’accès à l’information et que les demandes formulées par un journaliste professionnel
soient traitées prioritairement à toute autre demande parce que, par sa fonction, le journaliste
agit dans l’intérêt public.
3. Que les journalistes professionnels puissent agir devant la Commission d’accès à l’information
ou devant tout tribunal lorsque le droit à l’information est en cause, même si le
titulaire de la carte de journaliste professionnel n’est pas membre du Barreau du Québec.
4. Qu’advenant la mise sur pied de tribunes de la presse au sein des administrations locales
que seuls les journalistes professionnels puissent bénéficier des avantages liés à l’existence
de ces organisations.
5. Que l’accès au plumitif des tribunaux soit gratuit pour les journalistes titulaires de la carte
de journaliste professionnel.
6. Que la Loi sur le statut des journalistes professionnels prévoit une clause de conscience
permettant au journaliste professionnel de quitter son emploi avec pleine rémunération
pour une période s’étendant jusqu’à 52 semaines, en fonction de ses années de service au
sein de l’entreprise médiatique, lorsque la cause de la rupture du contrat de travail est liée
à un changement notable dans le caractère ou l’orientation du média et que ce changement
crée, pour le journaliste, une situation susceptible de porter atteinte à son honneur,
à sa réputation ou, d’une manière générale, à ses intérêts moraux. En cas de litige, un tribunal
arbitral où siègera nécessairement un représentant d’un organisme représentatif des
journalistes professionnels tranchera le débat.

Recommandation 7
Que le Conseil de presse ait la responsabilité supplémentaire de proposer une définition de
l’entreprise de presse, d’admettre en ses rangs toutes les entreprises qui se qualifient selon
cette définition et d’assurer le suivi des avantages permis aux entreprises de presse membres.

Recommandation 8
Que le gouvernement du Québec verse annuellement un minimum de 250 000 $ au budget
du Conseil de presse du Québec ; à cette somme il devra s’engager à ajouter un montant
équivalent aux contributions réunies des entreprises de presse.

Recommandation 9

Qu’un financement additionnel et temporaire soit accordé au Conseil de presse pour les trois
prochaines années. Ce financement servira à la mise en place des nouvelles mesures et permettra d’évaluer l’effet structurant sur l’organisation.

Recommandation 10
Que le Conseil de presse du Québec continue de recevoir les plaintes du public, des journalistes
et des entreprises de presse.

Recommandation 11
Que les entreprises de presse membres du Conseil de presse soient les seules admissibles à
toutes formes de subventions accordées par l’État dans le cadre de tout programme de soutien
aux médias ou à la presse.

Recommandation 12
Que la publicité gouvernementale et les annonces judiciaires soient réservées aux seules
entreprises membres du Conseil de presse du Québec, sous réserve du respect du quota de
4 % garanti aux médias communautaires.

Recommandation 13
Nous recommandons l’adoption de modifications à la Loi sur la presse.
1. Que la Loi sur la presse (l.r.q., c. P-19) s’applique à toute forme de média ;
2. Que l’article 4 de la Loi sur la presse soit modifié de façon à ce qu’aucun dommage ne puisse
être accordé, si le média s’est conformé aux dispositions de la loi ;
3. Que l’article 9 de ladite loi soit modifié de façon à ce qu’un média puisse se prévaloir des
dispositions de la loi dans tous les cas ;
4. Que l’article 11 de la loi soit aussi modifié de façon à ce que seul le demandeur dans une action contre un média soit tenu de fournir caution. Ces dispositions nouvelles ne seront applicables que si le travail d’un journaliste professionnel est mis en cause dans l’action intentée.

Recommandation 14
Nous recommandons l’adoption de modifications aux dispositions antibriseurs de grève pour
tenir compte des réalités technologiques du travail journalistique.

POUR UNE AUGMENTATION DE L’OFFRE D’INFORMATION

Recommandation 15
La mise en oeuvre d’un crédit d’impôt remboursable à l’embauche de journalistes professionnels
dans les entreprises de presse en région.

Recommandation 16
La mise en oeuvre d’un crédit d’impôt remboursable à l’embauche de journalistes professionnels
dans les médias indépendants en incluant les coopératives de presse, les producteurs
indépendants d’information et les éditeurs de presse en ligne indépendants qui emploient
des journalistes professionnels et qui correspondent à la définition d’entreprise de presse
établie par le Conseil de presse.

Recommandation 17
La création d’un Fonds pour le journalisme québécois qui permettra la réalisation de projets
d’enquête journalistique et de projets d’information. Ce fonds indépendant servira également
à financer les activités de gestion du titre de journaliste professionnel.

Recommandation 18
L’augmentation des ressources allouées aux médias communautaires.

Recommandation 19
Le financement d’un projet de réseautage de l’information produite par les médias communautaires, coopératifs et indépendants sur le site web de Télé-Québec.

Recommandation 20
Doter Télé-Québec d’un mandat d’information axée sur l’information régionale et interrégionale.

Recommandation 21
Augmenter de manière substantielle le budget de Télé-Québec dès que les finances publiques
le permettront.

Recommandation 22
Que la Loi sur le statut des journalistes professionnels impose à tout ministère, organisme,
régie gouvernementale de soutenir le journaliste professionnel en regard de toute demande
d’accès à l’information et que les demandes formulées par un journaliste professionnel soient
traitées prioritairement.

Recommandation 23

Que les journalistes professionnels puissent agir devant la Commission d’accès à l’information
ou devant tout tribunal lorsque le droit à l’information est en cause, même si le titulaire de la
carte de journaliste professionnel n’est pas membre du Barreau du Québec.

Recommandation 24
La création d’un comité de travail pour étudier la mise sur pied d’un modèle québécois de
gouvernement ouvert ou cybergouvernement (Open Government) qui pourrait se retrouver
sur une plateforme appelée www.data.gouv.qc

Recommandation 25

La modification du Règlement sur la diffusion de l’information et sur la protection des renseignements personnels, de la Loi sur les cités et villes et du Code municipal du Québec pour inclure l’obligation de la part des municipalités de publier sur leurs sites web les documents et les renseignements accessibles en vertu de ce règlement de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Recommandation 26

Que soit inscrite dans ces mêmes lois l’obligation de soutenir le journaliste professionnel lors
de toute demande d’accès à l’information municipale et que les demandes formulées par un
journaliste professionnel soient traitées prioritairement.

Recommandation 27
La modification à la Loi sur les cités et villes et au Code municipal du Québec obligeant les municipalités à rendre public 48 heures avant la tenue des séances du conseil municipal, l’ordre du jour et tous les documents préparatoires remis aux élus.

Recommandation 28
La modification à la Loi sur les cités et villes obligeant les conseils municipaux de la province à
permettre « l’enregistrement et la diffusion de [leurs] débats dans leur totalité par les médias,
sous réserve des règlements [qu’ils peuvent] adopter quant aux modalités de cet exercice. »

Recommandation 29
L’adoption d’un règlement autorisant la création de tribunes de la presse municipales dans les
villes de plus de 100 000 habitants et/ou dans les villes les plus populeuses de chaque région
administrative.

Recommandation 30
La mise sur pied d’un comité de travail sur la distribution des avis publics municipaux.
1. Qu’un comité de travail sur la distribution des avis publics et de la publicité municipale
réunissant le MAMROT, l’UMQ, la FQM, l’Association des quotidiens et de Hebdos Québec
soit mis sur pied ;
2. Que les nouvelles mesures soient mises en place dans le budget 2012 des municipalités ;
3. Que l’efficacité de ces règlements soit évaluée après trois ans.

Recommandation 31

Qu’il soit possible pour les médias d’une même région de se regrouper en coopérative pour obtenir des services juridiques et que ces dépenses soient déductibles d’impôt pour les entreprises de presse ou compris dans les frais de fonctionnement admissibles pour les médias communautaires.

Recommandation 32

Que le Conseil de presse du Québec ait le mandat de créer et promouvoir une ligne 1|800|Déontologie pour les journalistes et les entreprises de presse.

Recommandation 33
Qu’Internet haute vitesse soit reconnu comme un service essentiel au même titre que l’électricité
et le téléphone et que des mesures soient prises en conséquence.

Recommandation 34
Que le budget du programme Communautés rurales branchées du Québec soit revu à la
hausse de façon à permettre à tous les citoyens d’avoir accès à un service Internet haute
vitesse de qualité d’ici 2015.

Recommandation 35
Pour compléter les efforts accomplis dans la cadre du projet Villages branchés, qu’un nouveau
programme, soutenu par les entreprises, les MRC, les municipalités et l’État, soit mis sur
pied afin que 100 % des municipalités, MRC, commissions scolaires, écoles et bibliothèques du
Québec aient accès au réseau de fibre optique du Québec.

Recommandation 36
Que le MCCCF fasse des représentations auprès des institutions fédérales concernées afin de réserver pour les besoins des communautés québécoises une partie du spectre électromagnétique libéré par le passage de la télévision analogique à la télévision numérique.

Recommandation 37
Que le MCCCF fasse des représentations auprès du CRTC pour revendiquer le droit des régions
à l’accès à leurs productions locales et particulièrement à leur information locale et régionale.

Recommandation 38
Que le Québec se dote d’un nouveau plan numérique à court terme qui aura comme mandat
d’évaluer la façon de tirer profit des nouvelles technologies aux plans social, politique et
économique.

Recommandation 39

Un soutien accru aux organismes qui offrent des services d’alphabétisation numérique et
d’accompagnement dans les nouvelles technologies.

Recommandation 40
Que le statut d’éditeur de presse en ligne soit reconnu aux entreprises de presse correspondant
aux critères établis par le Conseil de presse.

Recommandation 41
Que le journaliste professionnel réussisse un certain nombre de crédits de formation annuels
pour maintenir son titre et sa carte.

Recommandation 42
Que les écoles de journalisme ajoutent un cours de déontologie appliquée obligatoire dans leurs cursus. La réussite de ce cours permettrait aux finissants d’obtenir leur carte de presse automatiquement avec leur diplôme. Pour les titulaires d’autres diplômes ou pour les individus désirant obtenir la carte de presse sans passer par une école de journalisme, nous recommandons à l’association professionnelle d’établir un examen basé sur la déontologie et la pratique et de reconnaître certains examens professionnels dans certaines entreprises de presse.

Recommandation 43
Que le ministère de l’Éducation prévoie un programme de bourses pour les étudiants qui choisissent de faire leur stage de journalisme en région éloignée et de s’y établir.

Recommandation 44
Nous souhaitons qu’il y ait une meilleure synergie entre les écoles de journalisme et entre les
écoles, les entreprises et les professionnels. Cela pourrait se traduire par une rencontre annuelle
entre les directeurs de programmes, les entreprises de presse et l’association professionnelle.
Nous recommandons également au ministère de l’Éducation de financer, de concert avec l’industrie, un projet-pilote sur les bases de News21 aux États-Unis qui proposerait aux étudiants de produire des reportages dans toutes les régions du Québec.

Recommandation 45
Que le maintien du titre de journaliste professionnel soit lié à l’obligation d’obtenir un crédit
annuel de formation en langue française.

Recommandation 46
Que tous les établissements d’enseignement responsables de la formation des jeunes journalistes ou animateurs soient tenus de dispenser un examen obligatoire de maîtrise de la langue française et d’offrir des cours de mise à niveau si l’étudiant n’obtient pas la note de passage.

Recommandation 47
Que le Conseil de presse offre une formation aux écoles du Québec sur la responsabilité des
médias et la déontologie.

Recommandation 48
Que les associations professionnelles et les médias financent conjointement un programme
qui permettra aux journalistes de visiter les classes et parler de leur profession.

Recommandation 49
Que des abonnements gratuits aux journaux soient offerts aux écoles du Québec par un
partenariat entre les éditeurs qui le désirent et le ministère de l’Éducation.

Recommandation 50
L’initiative du gouvernement français d’offrir, en collaboration avec les journaux, un abonnement
d’un jour par semaine pour une année à un quotidien aux jeunes de 18 à 25 ans nous
semble efficace pour stimuler le lectorat et nous croyons que Québec devrait s’en inspirer
pour créer son propre programme.

Recommandation 51
Création d’un laboratoire de recherche sur l’information et les pratiques journalistiques
disposant de fonds publics de fonctionnement récurrents, soit à l’intérieur d’une structure
déjà existante, soit à l’extérieur de manière autonome.

bruno boutot

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La différence entre une communauté hébergée et un réseau social

janvier 24th, 2011 by bruno boutot

Le mot « communauté » est employé sur le Web pour qualifier deux types d’entité distincts:
– d’une part les communautés hébergées, dont j’ai donné une définition détaillée ici, qui rassemblent des membres identifiés;
– d’autre part les communautés sur les réseaux sociaux – ou médias sociaux – qui regroupent des gens, identifiés ou non, qui s’intéressent à un produit ou une marque.

Lors d’une entrevue réalisée par Katie Kindelan dans le Social Times, Alex Halliday établit aussi clairement cette distinction. Alex est cofondateur de SocialGo, un service qui permet de créer des réseaux sociaux sur mesure.

Un site de réseautage social, comme facebook ou Twitter, est une plateforme qui contient des millions de membres, d’entreprises et de groupes où chacun établit ses connections personnelles et crée son propre graphe social à l’intérieur de l’écosystème.

Une plateforme de communauté permet au gens de créer des sites indépendants sur mesure et totalement consacrés aux besoins de leur communauté. En se concentrant sur un seul sujet, une seule marque ou une seul centre d’intérêt, on obtient un contenu de meilleure qualité, on contrôle davantage ce qui se passe et on n’est pas limité par les paramètres d’une plateforme qui ne vous appartient pas. On est aussi seul propriétaire de toute possibilité de générer des revenus et, c’est très important, de toutes les données.

Je vais y revenir dans un article sur les standards de la gestion de communautés parce que cette distinction est essentielle pour établir une stratégie de communication et de marketing sur le Web. Les communautés hébergées et les réseaux sociaux sont des options à utiliser, ensemble ou séparément, au service d’un objectif de branding ou de ventes. Encore faut-il commencer par distinguer les avantages de chacun.

bruno boutot

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Communautés: les Martiens sont parmi nous

janvier 11th, 2011 by bruno boutot

D’abord: qui sont les Martiens?

C’est donc évident: la première question est l’identité.

Qu’est-ce que Contenu Camp?

Alors qu’est-ce que YUL Contenu?

La première fois que j’en ai entendu parler, c’était au Podcamp Montréal, « une anticonférence pour amateurs et spécialistes de médias sociaux et baladodiffusion ».

Ils avaient l’air de ça:

NELLIE BRIERE
Nellie Brière, Annie Michaud, Bianka Bernier, Katerine Rollet, Mathieu Stréliski, Andres Restrepo.

Si vous avez le temps, je vous recommande de regarder le déroulement de l’événement :

Mais en attendant, je vais vous résumer pourquoi je les appelle des Martiens.

Comme je l’ai écrit souvent, par exemple ici, c’est en participant à la communauté de Worth1000.com que j’ai réalisé que l’avenir des médias passait par les communautés. Depuis, plus de la moitié de mes articles dans ce blog et dans d’autres, en français ou en anglais, portent sur l’identité ou son inverse, l’anonymat (et ses terribles conséquences, comme le foutoir complet dans les commentaires).

Des responsables du marketing, des publicitaires et dirigeants de médias savent à quel point je leur ai chauffé les oreilles avec ça pendant tout ce temps. Mais les communautés ne sont pas encore perçues comme une nécessité (comme une source majeure de revenus) dans les entreprises, les agences et les médias.

Je participe à de nombreux médias sociaux à titre professionnel. Mais ils sont pour moi des lieux de contacts et d’échanges bien éloignés du sens que j’attachais au mot « communauté »: un lieu où l’on reçoit, chez soi, des gens avec qui on a des activités communes et dont on garde la mémoire (qu’on appelle aussi « data »). Ainsi, je ne m’attendais à rien de spécial en assistant à cette anticonférence sur les médias sociaux.

Quelle ne fut pas ma surprise, donc, quand j’ai entendu ces gens de YUL Contenu parler d’identité, d’anonymat, d’interactions avec les membres de leurs communautés. Oui, la plupart de ces interactions se passent dans facebook ou sur Twitter, mais beaucoup des enjeux sont les mêmes que dans les communautés hébergées.

La plupart des Martiens originaux sont sur ces photos prises en septembre dernier lors du premier Contenu Camp. Nous étions à peu près 25. Et même si YUL Contenu se qualifiait au début comme un groupe de gens qui œuvrent dans le secteur culturel, je me suis aperçu ce soir-là que beaucoup travaillent pour des médias et tous s’occupent de la présence de leur entreprise dans les médias sociaux

What?

Contenu Camp 2/5

Contenu Camp 4/5

Contenu Camp 3/5


Tous ces gens-là ne font partie ni d’un département des ventes, ni du marketing, ni d’une salle de rédaction.

C’est pourtant elles et eux, mesdames et messieurs, qui sont au premier rang, sur la ligne de front du Web: le contact direct avec la clientèle, les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et consommateurs.

Le Web, on le dit et le redit partout, est affaire de conversation, de transactions d’information entre individus.

Mais la bataille fait encore rage dans les rédactions et chez les exécuteurs de sites Web pour savoir ce qu’on fait avec les maudits commentaires de ce maudit public.

Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas aussi démunis que vous croyez. Quelque part, dans votre sous-sol, vous employez un participant du Contenu Camp qui explore le Web pour vous et qui, un jour, va diriger votre département de marketing et votre rédaction. Parce qu’ils et elles gagnent de l’expérience au seul point où ça compte sur le Web: les échanges directs avec les individus de leurs publics.

Ce soir, au deuxième Contenu Camp, au Centre des sciences de Montréal, il va y avoir une centaine de Martiens. Avec des antennes sur la tête.

Au menu: l’identité.

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Devenez sociaux avec Michelle Blanc

janvier 6th, 2011 by bruno boutot

Après avoir eu la primeur du livre Les Médias sociaux 101, j’ai assisté à l’anticonférence de Michelle Blanc lors du Podcamp Montréal.

Autant vous prévenir: je connais Michelle Blanc, je lis son blog, je suis abonné à son fil Twitter et je crois que c’est une des meilleures spécialistes des médias sociaux, pas seulement au Québec.

C’est ce qui me frappe toujours dans nos conversations: contrairement à beaucoup de gens qui parlent des médias sociaux, Michelle Blanc ne les examine pas de l’extérieur. Elle ne les observe pas à partir d’un grand média, d’une agence ou d’une université. Elle est dans les médias sociaux. Elle parle de leurs qualités, de leurs défauts, de leurs pièges, de leurs usages parce qu’elle les expérimente tous les jours. Bien plus que telle ou telle argumentation, c’est ce qui fait la justesse de ses propos.

Son livre ne m’a pas fait changer d’avis, au contraire.
Si vous regardez la vidéo de son intervention lors du Podcamp, vous y reconnaîtrez la même approche que dans le livre: Michelle Blanc aborde une question, puis raconte une anecdote personnelle, puis explique un principe général, puis ajoute une anecdote personnelle, puis revient à la question, résolue.

Elle explique tout ce qui se passe dans les médias sociaux à travers elle-même.
On note au passage qu’elle est grande, qu’elle est drôle, qu’elle a une grande gueule, qu’elle peut être touchante et aussi qu’elle peut-être vulgaire, et avec plaisir, surtout si on lui marche sur les pieds.
Bref, elle est unique.

Ça tombe bien parce que c’est exactement ce dont il s’agit dans les médias sociaux.

Quand ils entendent « médias sociaux », trop de professionnels pensent – et dépensent – comme pour « les médias »: les médias de masse. Du genre: « On va prendre votre campagne, et on va la décliner dans les médias: affiches, quotidiens, magazines, radios, télés… et quoi? Sociaux? Pas de problème, mon ami, on a des experts qui vont faire entrer ta campagne dans le social. »

Hahaha!
On rigole, on rigole, mais des centaines de milliers de dollars s’envolent tous les jours en fumée à cause de ce malentendu.
Un média de masse s’adresse à une moyenne de gens. Un média social s’adresse à des personnes uniques, une par une.
C’est quoi la différence? Comment on fait?

Lisez le livre de Michelle Blanc. En étant singulière, unique, elle nous montre tranquillement, facilement, clairement, que la voie des médias sociaux passe par les individus.

Les Médias sociaux 101
Le réseau mondial des beaux-frères et belles-sœurs
Par Michelle Blanc
Avec la collaboration de Nadia Seraiocco
Les Éditions Logiques, 2010

bruno boutot

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La Guignolée du Web

novembre 9th, 2010 by bruno boutot

Donnez! La guignolée du web

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Exemple d’hyperlocal: le pain du Pied de cochon chez Chloé

novembre 2nd, 2010 by bruno boutot

En passant sur la rue Duluth à Montréal, hier matin, je vois un homme les bras chargés d’un panier plein de pains entrer chez Les Chocolats de Chloé². Comme le nom de sa boutique l’indique, Chloé fait et vends du chocolat. En tant qu’amateur de pain et résident du quartier, je suis intrigué.

J’emboîte donc le pas au livreur, et j’entre chez Chloé. Je le laisse poser son panier sur le comptoir et je pose des questions à une dame souriante qui se trouve être, justement, Chloé!

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Elle m’apprend que les pains sont ceux du restaurant voisin, le Pied de cochon³, de Martin Picard. Ils sont cuits tous les jours non loin de Montréal, à la cabane à sucre du Pied de cochon. Et c’est la première fois que Chloé en vend. Pourquoi? C’est un essai.

Les pains sont pas mal gros. Chloé me dit qu’elle s’en coupe un morceau et congèle le reste. Ceci dit, c’est un pain au levain, et je me méfie un peu parce que certains pains au levain sont trop acides à mon goût. Mais Chloé me dit qu’il n’est pas très acide et puis je suis curieux et l’odeur du pain frais me fait craquer: six dollars. Plus cher que ceux que j’achète d’habitude à Première Moisson ou chez Monsieur Pinchot, mais ce pain est deux fois plus gros, donc c’est raisonnable.

Chloé est contente que je sois son premier client de pain et me fait goûter sa dernière invention chocolatière. Fondant et croquant. Délicieux. Mais je ne peux pas en dire plus parce qu’elle ne va commencer à en vendre que la semaine prochaine. Ça va s’appeler « Capitaine Crac ».

On note au passage que le sac est simple et beau, brut avec l’étampe du Pied de cochon. Beau design: ça compte dans la gourmandise.

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Arrivé chez moi, bien sûr, je goûte le pain. OMG, l’intérieur est encore chaud!

Une mie aérée, juste ce qu’il faut d’élasticité, une croûte fine et légèrement craquante.

Hmmmm.
J’en coupe un morceau pour le soir, je congèle le reste.

Est-ce que j’en rachèterai? Oui.

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Note 1: Cote de crédibilité: 7/10   Explication: e ne suis pas un vrai foodie, mais je suis amateur de pain et j’apprécie en ce moment le Neuf grains et le Lin-blé-seigle de Monsieur Pinchot et le Multigrains et le Kamut (quand il n’est pas trop cuit) de Première Moisson. Quand je serais grand, je serai foodie et je me renseignerai sur les farines, le type de four, de levain, le nom du boulanger, etc..

Note 2: Je ne suis pas responsable des sites en flash de Première Moisson et Les Chocolats de Chloé. Pour vous éviter de la navigation, voir l’adresse ci-dessous.

Note 3: Renseignements pris, le site du Pied de cochon n’est pas encore mis à jour: le prix du pain y est indiqué à quatre dollars, mais c’était celui de l’ancien format de pain, plus petit. Le pain est aussi en vente au Pied de cochon (donc après 17h) , au même prix de six dollars.

Note 4: WebMédias (l’objet de cet article): chaque nom de produit et de commerce pourrait (par hyperlien) amener à un menu de coupons, qui seraient tous comptabilisés à mon nom et sur lesquels je recevrais une part; des membres de ma communauté goûteraient ce pain et leurs appréciations compteraient pour faire monter ou descendre ma cote de crédibilité en tant que foodie de pain; des membres de ma communauté pourraient en discuter, proposer d’autres pains – ou d’autres chocolatiers, ou d’autres restaurants – chaque nom propre amenant à des menus de coupons et des récompenses. Par exemple. D’autres suggestions?

bruno boutot

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