Bienvenue à MIXMÉDIAS Montréal le 17 mai

May 9th, 2012 by bruno boutot

J’ai le plaisir de vous inviter personnellement à la conférence MIXMÉDIAS à Montréal le 17 mai prochain. Je crois que c’est la journée professionnelle la plus enrichissante et la plus excitante du printemps et je serais heureux que vous en fassiez partie. Mais d’abord qu’est-ce que c’est?

Quand Michel Chioini m’a demandé en mars dernier si je pouvais organiser une conférence internationale dans le cadre de CONNECT 2012, je devais être un peu inconscient, mais j’ai dit oui avec enthousiasme.

Le marketing et les médias sur le Web? J’y passe 15 heures par jour depuis 15 ans. C’est mon métier, mes revenus, mon émerveillement quotidien. L’idée de pouvoir inviter à Montréal les meilleurs experts m’enchantait. Bien sûr, il fallait trouver des gens disponibles en si peu de temps mais la réponse a été formidable, y compris de ceux et celles qui n’ont pu se libérer.

Je vois tous les jours les problèmes auxquels mes collègues du marketing, des médias et de la publicité sont confrontés sur le Web. Avec eux, avec elles, je voulais obtenir la réponse à nos deux questions urgentes:

Revenus: Où est l’argent sur le Web? Pas demain, pas bientôt : en ce moment!

Contenus : quels nouveaux contenus marchent le mieux sur le Web? Now!

J’ai reçu des contributions exceptionnelles, que nous allons pouvoir intégrer et utiliser avec profit tout de suite.

L’expérience qu’a Ben Kunz des achats médias est redoutable, ses analyses sont brillantes, son humour, incisif. Et dans un milieu porté sur l’emphase (non, je ne parle pas de toi, voyons) son attitude « no bullshit » est rafraichissante. On démarre la journée du bon pied.

Encore aujourd’hui, trop d’entre nous en marketing et médias sont désarçonnés par les revenus sur le Web. C’est le moment qu’on se mette à jour.

Bryan Segal va y contribuer : la plupart des grandes entreprises utilisent Comscore. Bryan nous présente leur whitepaper sur le nouvel univers de la publicité. Il est suivi du panel de vedettes du Bureau de la publicité sur Internet : avec elles, nous allons tout savoir sur les Enchères en temps réel (RTB).

Andy Nulman a perdu de l’argent sur Internet pour ses entreprises mais maintenant il en gagne. On va voir comment, de toutes les couleurs. L’expertise de Michelle Blanc est sans égale et elle nous promet d’aller droit au but : « Comment faire du ca$h avec du contenu »!

Parallèlement, nous abordons le contenu avec le grand Stowe Boyd qui nous honore de sa participation. Son image des médias qui deviennent liquides sur le Web rend soudain limpide le paysage confus du Web.

Arjun Basu a vu ses clients passer de l’imprimé à Internet, puis à l’intégration du Web à l’origine de leurs stratégies. Il va échanger avec Craig Silverman, un des plus renommés journalistes du Web, qui se trouve être Montréalais.

La grande découverte du Web est le contact direct avec les individus de nos publics. Après les médias sociaux, de plus en plus de grandes entreprises et de vedettes créent leur propre plate-forme pour recevoir leurs membres… et faire du commerce avec eux!

Craig va donc interviewer William Mougayar, CEO d’Engagio, avec un point de vue fracassant : « La conversation est le nouveau contenu du Web! ». On a hâte, d’autant qu’ils sont suivis par Jessamyn West, directrice de la communauté MetaFilter, une des plus belles réussites du Web contemporain. Son expérience est incomparable dans l’art et les techniques pour générer du contenu de qualité avec nos membres et les fidéliser.

Rich Millington, de Londres, est le meilleur spécialiste mondial des communautés pour les entreprises. Il est avec nous et on va en profiter.

Des conférenciers m’ont demandé qui vous êtes. Je leur ai dit : « Les plus brillants de Montréal. Ils vont vouloir vous parler et vous poser des questions. Donnez nous ce que vous avez de meilleur. » Ils et elles s’attendent donc à vos questions dans la salle et dans les couloirs. N’hésitez pas.

Bien sûr je vous invite!
L’endroit est fantastique: c’est le siège de l’OACI, une agence de l’ONU!

Si votre nom est sur cette page, je vous invite à MIXMÉDIAS à mes frais. Écrivez-moi bruno@boutotcom.com
Si vous êtes mon contact sur facebook ou Linkedin, ou si je vous suis sur Twitter (ou mon autre compte en angalsi), vous êtres « membre de boutotcom » et vous avez droit à un tarif privilégié. Sélectionnez boutotcom dans la colonne « Rabais ».
Si vous êtes 10 ou plus, contactez info@eventia.ca pour le tarif spécial.

C’est une journée incroyablement riche mais relax: on est entre nous. On devrait s’amuser, surtout si vous êtes là. :-)

Suivre @MIXMEDIAS #MIXMEDIAS Like MIXMÉDIAS

WEBCOM 1/8

Référence: les communautés pour entreprises

February 27th, 2012 by bruno boutot

J’ai eu le privilège de participer le 23 février dernier à une conversation entre Rich Millington et Blaise Grimes-Viort, de Londres, deux des plus grands spécialistes au monde des communautés sur le Web pour les entreprises.

On parle ici de communautés qui appartiennent aux entreprises: celles où l’on reçoit, sur un site spécialisé, des gens identifiés qui ont des activités communes autour de votre marque ou de vos produits. Elles sont très distinctes des médias sociaux qui sont certes des outils formidables (j’y reviendrai), mais qui ne sont pas “chez vous”.

Rich Millington est l’auteur de Feverbee, sans doute le blog qui donne le plus d’information fiable et utile sur les communautés, donc aussi le plus consulté et respecté dans le domaine. Il est aussi directeur du Pillar Summit, un cours pour les professionnels des communautés de marques, donné par des professionnels des communautés.

Blaise Grimes-Viort est Directeur des communautés et de la participation de eModeration, un des premiers bureaux de services sur la gestion de communautés pour entreprises, avec 160 spécialistes opérant dans 50 langues. Son blog personnel est une référence indispensable pour la veille sur les communautés.

……………….

Rich Millington, de Feverbee, et Blaise Grimes-Viort, de eModeration

Avant de mentionner quatre points essentiels que Rich et Blaise ont eu le temps de survoler en une heure, un petit tour d’horizon sur les communautés pour entreprises.

Bizarrement, on va commencer par ma famille. Une bonne partie de ma famille élargie se trouve en France ou dispersée sur la planète (une centaine de personnes). Entre 1995 et 2007, j’ai dû faire ou faire faire une douzaine de sites, de forums, de galeries photos sur smugmug, picasa ou flickr, de cartes Google et de groupes sur YouTube ou autre pour leur créer des lieux de conversation et de retrouvailles. Résultats: pas grand chose. Même les plus jeunes trouvaient trop compliqué de s’inscrire, de commenter, de contribuer. Puis vers 2009-2010, ça a commencé: “Bruno! qu’est-ce que tu fais sur Facebook?” Ben voyons, c’est mon travail. Et j’ai vu arriver ainsi frères, soeurs, cousins, cousines, neveux nièces, oncles et tantes, rejoints par cousins aux deuxième et troisième degré.

Tout ce beau monde, dont la plupart ont des ordinateurs au bureau et à la maison, se servaient seulement du courriel pour les communications courantes et familiales. Soudain, ils se sont mis sur Facebook à transmettre des histoires, des photos, des vidéos, à partager des niaiseries et des jeux idiots, et enfin à raconter des fêtes, des naissances, des mariages, des anniversaires et mille émotions. Forum? Quel forum? Quels groupes? Quels hyperliens! Quels codes d’incrustation? Ils ont découvert cette merveille de notre temps qu’est la communication personnelle sur le Web. Et ils ont appris à s’en servir sans même s’en rendre compte.

Voilà une des premières raisons de l’importance de Facebook: il a servi (et continue de servir) de rampe d’accès au Web pour des millions de gens…

…et des millions d’entreprises!

Bien sûr, on le voit tous les jours, le Web peut faire de la communication de masse. Mais ça n’a rien de révolutionnaire. On sait faire de la communication de masse depuis des siècles, du marketing professionnel depuis une centaine d’année. La vraie révolution du Web, dont nous commençons juste à prendre conscience, c’est la création de plates-formes où se retrouvent des individus. C’est le sens exact de “social”: interactions entre des personnes.

Quand il s’agit de transmettre des produits ou des marques à des masses statistiques, un média de masse n’est pas “social”, le marketing n’est pas “social”. Le “social”, c’est communiquer avec des gens un par un, des individus qui ont une identité, une personnalité, une originalité et une mémoire.

Arrivent donc les médias sociaux et réseaux sociaux dont le premier mérite est de familiariser les gens et les entreprises avec la communication de personne à personne. Je ne saurais trop encourager les professionnels des médias et du marketing à plonger dans les médias sociaux, à lire Michelle Blanc (Les Médias Sociaux 101 et 201) et Kim Auclair (Les affaires, Niviti), à suivre le cours de Martin Lessard à l’INIS. Martin a réuni autour de lui les meilleures community managers de réseaux sociaux à Montréal!

Après la familiarisation, il est indispensable aujourd’hui de savoir exploiter le potentiel des médias sociaux: ce sont des outils formidables pour les relations publiques, pour la communication en temps réel avec les auditoires, pour le service à la clientèle et aussi… pour orienter vos meilleurs ambassadeurs vers votre lieu de rayonnement principal: votre communauté, chez vous.

John Battelle, le célèbre cofondateur de Wired et des conférences Web 2.0, fondateur de Federated Media, a récemment mis en garde contre les mauvaises utilisations de Facebook:

It drives me crazy to see major brands using expensive television time to drive consumers to a Facebook program that lives exclusively inside Facebook. I’m sure it works in the short term – you get folks there, they “like” or “follow” your brand, and they engage in whatever promotion or campaign is currently running. But if that campaign, promotion, or program lives only on Facebook, well, good luck deriving all the value you possibly can from it.

If that same program lives out on the Independent web – your own site, on your own domain, with your own platform – then you own all the data and insights, and you can broker those assets back into a Facebook page, or anywhere else you may care to. It doesn’t work the other way around.

Put Your Taproot Into the Independent Web

Un constat d’ailleurs vertement partagé par notre experte en médias sociaux:
Nouveaux arguments sur pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte d’affaires.

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Trois liens utiles pour les entreprises intéressées à créer leur propre communauté :

Blaise Grimes-Viort donne sa sélection de 10 organismes qui offrent des Cours de gestion de communauté pour devenir un meilleur gestionnaire de communautés.

Rich Millington offre une référence fantastique: Comment bâtir une communauté: la liste ultime de ressources (2012).

Enfin, pour mémoire, ma description des structures fondamentales de ce type de communauté: Définition: Communauté sur le Web.

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Quatre échanges entre Rich et Blaise mentionnant des concepts-clefs lors d’étapes successives de la vie d’une communauté.

Contexte: ce sont juste mes notes prises au vol, donc pas des citations verbatim.

1 – À la création : Écouter

Une des fonctions essentielles de la création d’une communauté est d’écouter nos membres. L’animateur de la communauté en devient donc son porte-parole et son défenseur. Quand un client met un junior en charge de sa communauté, ça devient un problème majeur: une telle personne n’est pas en position de se battre pour sa communauté et de négocier entre la communauté et le client.

2 – À la naissance: Appartenance

Un des facteurs les plus importants pour la durée de la participation à une communauté est le sentiment d’appartenance.  Lorsqu’on sollicite les premiers membres à la création de la communauté, il ne faut pas hésiter à leur demander s’il veulent devenir “membre fondateur”: il ne suffit pas qu’un membre appartienne à la communauté, il faut que la communauté lui appartienne.

3 – En croissance: Partager

Faut-il créer de nouveaux postes de modérateurs alors que la communauté grandit? Pas forcément: créez pour vos meilleurs membres des rôles qui sont utiles à l’animation et à la modération de la communauté. Il faut ouvir la porte et permettre aux membres de vous aider.

4 – En relance: Désirs et besoins

Que faire quand une communauté ne décolle pas? C’est le moment de réévaluer avec le client si la communauté a été créée pour de bonnes raisons. Il faut savoir distinguer entre les désirs et les besoins. Si une communauté a été créée pour répondre à un désir, sa nécessité va passer. Les désirs se comblent ou changent, les besoins demeurent. Il ne faut pas hésiter à réorienter une communauté, ou même à la fermer pour ouvrir un projet qui répond davantage à un besoin.

 

On reviendra aussi sur une idée essentielle: une communauté n’est pas faite pour l’ensemble vos consommateurs, seulement pour les membres qui collaborent à votre projet. N’hésitez pas à commenter ci-dessous ou à me contacter bruno (at) boutotcom (point) com

Jeff Jarvis: le futur des médias dans l’écho de Gutenberg

February 19th, 2012 by bruno boutot

La grande question pour l’industrie des médias est bien sûr: Où va le Web? Ou plutôt: Quel effet Internet va-t-il avoir sur le comportement de nos publics et sur nos modèles d’affaires? C’est évidemment la question à 100 millions de dollars.

Si vous êtes à la barre d’un média emporté par le tourbillon d’Internet, effleurant les écueils du péage et de la gratuité, il y a une personne que vous voulez avoir avec vous sur le pont: Jeff Jarvis. Il est d’ailleurs conseiller de grands éditeurs comme Digital First ou, au Canada, Postmedia, et aussi conférencier à Davos, chroniqueur au Guardian, directeur du centre pour les entrepreneurs en journalisme de la City University of New York (CUNY).

Je ne cacherai pas qu’il fait partie de mon panthéon professionnel. Jeff Jarvis était à Montréal le 14 février dernier, invité par l’Institute for the Public Life of Arts and Ideas (IPLAI) de l’université McGill (L’Institut pour la vie publique des arts et des idées: on ne saurait imaginer plus beau titre). J’ai eu le privilège d’écouter sa conférence avec une vingtaine de personnes, puis d’avoir une conversation à bâtons rompus avec lui autour d’un verre en petit comité.

Alors, alors? Où s’en vont les médias selon Jeff? Ses réponses sont étonnamment simples mais certains vont être surpris qu’elles passent par Gutenberg, Shakespeare, la prostate de monsieur Jarvis et les projets de loi de Stephen Harper. Les gens qui sont intéressés par l’avenir des entreprises de médias doivent absolument lire le blog de Jeff Jarvis, Buzz Machine et son premier livre sur les changements apportés par le Web What Would Google Do? D’ici là, voici mes notes sur le contexte et quelques liens pour en savoir davantage.


Jeff Jarvis – Photo: Ophelia NoorSome rights reserved

Commençons par Gutenberg. Si l’on remonte si loin, c’est que la révolution apportée par Internet n’a pas d’équivalent contemporain. On aimerait sans doute observer les bouleversements qu’ont connu les tribus d’homo sapiens lors de l’émergence du langage, mais nous n’en avons aucune trace. L’invention de l’imprimerie est donc la dernière révolution des médias qui peut nous aider à comprendre la révolution que nous vivons.

Sur le chemin de Davos, Jeff Jarvis a fait récemment un pélerinage à Mayence, ville de Gutenberg. Il nous a fait remarquer dans sa conférence que si l’on avait demandé à des contemporains de Gutenberg ce que l’imprimerie allait changer dans leur vie, ils n’en auraient eu aucune idée.

Jeff réfère alors à Elizabeth Eisenstein auteure de The Printing Press as an Agent of Change. Elle y explore “l’influence de l’imprimerie sur la dissémination, la standardisation et la préservation de l’information, et leur effet sur le développement de la Réforme protestante, de la Renaissance et de la Révolution scientifique.” Rien de moins. Pourtant les habitants de Mayence il ya 600 ans ne s’en doutaient pas. Il faudra 50 ou 100 ans avant que les effets de l’imprimerie se manifestent dans le tissu social, quelques siècles de plus pour que les McLuhan et Einsenstein les décodent.

Première conclusion: si vous êtes dans le brouillard sur les effets de la révolution Internet, c’est normal. On ne peut y voir clair au début d’une révolution. Mais étant donné que la simple invention de l’imprimerie a transformé de façon radicale la religion, la culture et la science, nous savons déjà que la révolution Internet va tout emporter sur son passage. Aucun des vieux modèles ne va survivre intact, y compris les modèles d’affaires des médias.

Deuxième étape: Shakespeare et compagnie. Jeff Jarvis était à Montréal à l’invitation de Paul Yachnin, directeurde l’IPLAI et fondateur de Making Publics: “Comment la littérature et les arts ont créé aux débuts de l’Europe moderne des “publics”, ces nouvelles formes d’association basées sur les intérêts, les goûts et les désirs d’individus”. Jeff avait fait la connaissance de Paul en écoutant à la radio de CBC la série basée sur Making Publics The Origins of the Modern Public produite par David Cayley. (Ou: comment un Américain de passage nous fait découvrir un trésor dans notre jardin). Même si vous n’avez pas le temps d’écouter les 14h de l’émission, je recommande de lire les introductions à chaque émission.

Nous sommes donc passés de la révolution des médias (par l’imprimerie) à la révolution sociale par la formation de groupes. Pour vous assurer que l’on est toujours en train de comprendre comment faire de l’argent sur Internet, on évoque au passage Here Comes Everybody (à lire absolument) de Clay Shirky: l’auteur y montre qu’Internet révolutionne l’organisation sociale en facilitant comme jamais auparavant la formation de groupes autour d’intérêts communs.

Troisième étape, on arrive à la prostate de monsieur Jarvis. Sa conférence portait sur le sujet de son dernier livre Public Parts, traduit en français sous le titre Tout nu sur le Web: Plaidoyer pour une transparence maîtrisée. Alors que les nouveaux médias provoquent des inquiétudes sur la protection de la vie privée, Jeff Jarvis rappelle qu’il y a aussi dans la civilisation une éthique de la transparence et du partage qui est bénéfique à tous. Nathalie Collard en a parlé dans La Presse: “Pour illustrer son propos, [Jeff Jarvis] a choisi un exemple très intime: son cancer de la prostate, sur lequel il a pratiquement tout dévoilé – y compris les problèmes d’incontinence et d’impuissance liés à sa maladie. En racontant ce qu’il vivait il a également trouvé réconfort et solidarité.”

Cette éthique de la transparence a des conséquences dans toutes les sphères, y compris la sphère gouvernementale. Actuellement, dit Jarvis, l’information gouvernementale est secrète par défaut et publique par force (les fuites, les lois d’accès à l’information ou les enquêtes journalistiques). L’éthique de la transparence demande que toute information gouvernementale soit publique par défaut et secrète uniquement par nécessité. C’est là que l’on retrouve Stephen Harper, comme l’a rapporté Roberto Rocha dans The Gazette: “En faisant des lois pour contrôler certains types d’information, des gouvernements autoritaires pourraient s’en servir pour faire de la répression politique.”

Jeff Jarvis nous aide ainsi à définir notre nouvel environnement: un nouveau media qui balaye tous les autres, qui est propice a la formation de groupes, où l’on bénéficie du partage de l’information et de la transparence.

Lors de la conférence, David Jonhston, journaliste responsable des Communautés à The Gazette a demandé à Jeff Jarvis  comment il voyait l’avenir des médias. Il a répondu essentiellement ce qu’il a publié le lendemain dans The Guardian sous le titre: Ce que les médias peuvent apprendre de Facebook. Il faut absolument lire l’original. En voici quelques extraits.

Et si notre métier, dans les médias d’informations, n’était pas de produire du contenu?
Nous pouvons être des plates-formes pour les communautés que nous servons.
Plus nous allons améliorer nos relations avec nos lecteurs, plus nous allons trouver des opportunités d’y générer des revenus par la publicité, certes, mais aussi par le commerce, les services et même l’éducation et la création d’événements.
C’est vague? Non éprouvé? Risqué? Oui, oui et oui.
Mais garder nos vieux modèles est encore plus risqué.

Note: Ceci n’est bien sûr qu’un survol. N’hésitez pas à commenter ci-dessous ou à me contacter bruno (at) boutotcom (point) com .

Voyage dans le temps

November 26th, 2011 by bruno boutot

VOYAGE DANS LE TEMPS

Le choc, environ 50 ans plus tard.

Guignolée du Web: changer les choses, un clic à la fois

November 22nd, 2011 by bruno boutot

Donnez! La guignolée du web

Médias et marchés: Bienvenue au Welcome Motel

November 21st, 2011 by bruno boutot

Voici donc le video de ma présentation lors du dernier Web-In, dans le cadre de MTL-DGTL, le festival numérique de Montréal.

Je publie ces jours-ci media machina sur les modèles d’affaires des médias sur le Web. Tout ce contenu est présenté régulièrement à mes clients et lors de conférences et de camps à Montréal. J’en tire bien sûr le plus grand avantage: merci à tous ceux et celles qui me font bénéficier de leurs questions, de leurs suggestions et de leurs commentaires.

Sujet du jour:

Les médias sur le Web sont confrontés à deux questions majeures: d’une part la participation et l’identité des lecteurs et d’autre part les nouveaux modèles d’affaires.
Tout s’éclaircit quand on réalise qu’il n’y a pas un mais deux systèmes de communications qui coexistent sur le Web et dont les mécanismes sont complètement différents.
Les médias de masse et le marketing opèrent dans le système Distance.
Les communautés et les marchés d’individus opèrent dans le système Welcome.

La première du Web-In de Montréal s’est révélée un superbe événement avec une brochette de mini-conférences sur le mode cabaret. Tout à fait fidèle à ses objectifs:

Web-In vise carrément à amener ses participants à aller au-devant des constats, voire même à sortir de leurs zones de confort et à remettre en questions leurs certitudes. Le tout dans le but de faire une réflexion collective sur le futur du Web.

Merci à Josée Plamondon, François Légaré, Sylvain Carle, Martin Lessard et Stéphane Bousquet pour l’organisation, à Christian Aubry et Marie-Louise Gariépy pour la captation et la diffusion.

Here is to the crazy ones, the ones who see things differently

October 6th, 2011 by bruno boutot

Steve Jobs narrates the first Think different commercial “Here’s to the Crazy Ones”. It never aired.

via Paul Marsden

BookCamp Montréal: Auteurs et communautés

October 3rd, 2011 by bruno boutot

N’ayant pas le don d’ubiquité, je n’ai pu passer qu’en coup de vent au BookCamp Montréal.

Une  deuxième édition très réussie, sous la houlette magique de Patrick M. Lozeau et Christian Liboiron.

Photo: Lucie Bernier

J’ai quand même eu la chance de participer à la fin d’une session animée par Martin Lessard, formidable dans cet exercice de haute voltige.

Comme José Plamondon le rappelle si bien dans son blog et sur Twitter on a parlé brièvement de “livre et communauté”.

J’y ai cité plusieurs auteurs qui s’occupent eux-mêmes de leur présence sur le Web, dont deux qui animent autour d’eux une communauté. Si vous voulez en savoir davantage, voici les liens.

Warren Ellis se présente chaque mois dans son blog, donc le voici. Il a aussi créé un forum de discussion très animé, White Chapel, avec des règles de participation. C’est une grande réussite d’animation de communauté, un talent que n’ont pas forcément tous les auteurs.

Mais il y a d’autres façons de rester en contact avec ses lecteurs.

L’auteur Charles Stross écrit un blog où il échange activement avec ses lecteurs. ll pose régulièrement des questions sur les sujets de ses romans et de ses recherches. Il y a un groupe d’habitués mais tout le monde est bienvenue. Quand il doit s’absenter, il invite un autre auteur à occuper son podium, comme c’est le cas en ce moment (début octobre 2011).

J’ai également cité Cory Doctorow, qui a créé un blog collectif très célèbre, boingboing, dans lequel il poste régulièrement. Les commentaires sont ouverts, ainsi que sur son site personnel, craphound.

William Gibson n’est pas un grand blogueur, mais c’est un des plus doués pour les relations avec ses lecteurs sur Twitter. Presque tous les jours il répond à des questions et échange sur des sujets réels ou imaginaires.

Les commentaires ne sont pas ouverts sur le blog de Bruce Sterling dans Wired, Beyond the Beyond, mais il y poste volontiers des sujets proposés par les lecteurs. Il répond aux questions chaque année lors d’un échange ouvert sur le Well.

Sans oublier le courriel. L’important, c’est que ce sont tous des auteurs qui se rendent accessibles. J’ai échangé avec chacun d’entre eux, par courriel ou sur leur blog. En plus certains auteurs sont sur Twitter, sur flickr ou autre.

Chaque auteur est en fait au centre de sa communauté, qu’il ait envie ou non de se manifester. Il y a aujourd’hui suffisamment d’outils gratuits pour que chacun communique à sa guise avec ses lecteurs.

Comment faire tout de suite du journalisme Web de collaboration

May 26th, 2011 by bruno boutot

Voici donc les notes mentionnées dans l’article précédent en préparation de la session que j’anime au MediaCamp Montréal:

Comment commencer tout de suite à faire du journalisme Web en collaboration avec vos lecteurs simplement avec votre blog,
en attendant que votre éditeur vous fournisse un jour les vrais outils.

Pour référence, j’ai abordé ce thème souvent et depuis longtemps sous différents angles, par exemple, ici, ici et ici ou, en anglais, .

Notez que je suis d’accord que chacun fait ce qu’il veut dans son royaume mais que ce thème traite très précisément de journalisme, dont la pratique et les circonstances ne s’appliquent pas forcément à tous. Pour se mettre dans le contexte, voici des extraits d’un reportage dans cyberpresse.ca de Nathalie Collard, quand elle couvrait les conférences du festival SxSW à Austin, Texas, en mars dernier:

Le journalisme de demain, aujourd’hui

J’ai retenu des passages qui viennent entre autres de la conférence de Jay Rosen

  • les journalistes, ces solitaires, devraient accepter de s’ouvrir et de collaborer. Ce constat est non seulement largement accepté, il est déjà mis en pratique.
  • Dans TOUS les ateliers portant sur l’avenir du journalisme, on parle de cette nouvelle collaboration avec les lecteurs (des non-journalistes) qui sont aussi les abonnés Twitter et Facebook des journalistes et des médias.
  • Ces lecteurs, ces consommateurs d’information, sont de moins en moins passifs. Ils font des commentaires, proposent leur propre analyse et deviennent parfois des sources pour les reporters. Les médias doivent donc penser à de nouvelles façons de mettre en lumière leur contribution.
  • pour réussir à produire un contenu de qualité en intégrant des collaborations locales extérieures, les médias doivent absolument se bâtir un bassin d’excellents lecteurs-collaborateurs. C’est ce qu’on appelle la communauté. Les médias doivent cesser de considérer leurs lecteurs/auditeurs/téléspectateurs uniquement comme un bassin de consommateurs potentiels à qui on peut vendre de la publicité. Ils doivent plutôt trouver des méthodes pour engager la conversation et pour construire une collaboration durable avec eux.
  • Hier matin, l’auteur Jeff Jarvis poussait la réflexion plus loin en se demandant si les médias ne devaient pas fournir davantage d’outils à leurs lecteurs afin de les inciter à participer davantage.

Dans cette veine, voici les avenues que je propose d’explorer:

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I – UN BLOG, C’EST CHEZ VOUS

Yves Boisvert m’a fait rire quand il pété un plomb dans cyberpresse.ca mais sur le fond, il a raison: un blog (ou n’importe quel site appartenant à quelqu’un) c’est “chez quelqu’un”. Les gens qui ont des blogs ou qui ont participé à des communautés sur le Web connaissent bien ce principe parce qu’ils y ont été confrontés des centaines de fois: un blog c’est un lieu qui appartient à quelqu’un (ou dont quelqu’un est le gardien).

Les hurlements des commentateurs – souvent anonymes – qui exigent “la démocratie” sont dans l’erreur, toujours, et se le font régulièrement rappeler. Un média, où qu’il soit et quelle que soit son importance n’est pas une place publique, ni la toundra, ni le milieu de l’océan. C’est un lieu privé dont quelqu’un est responsable.

Est-ce que quelqu’un peut faire n’importe quoi dans un restaurant, dans un commerce, dans une salle de spectacle? Bien sûr que non! Ça a l’air évident mais vous n’avez aucune idée combien de fois j’ai dû expliquer cela à des professionnels par ailleurs plus compétents que moi mais qui se laissaient déborder (ou insulter) sous le faux prétexte de la “liberté d’expression”.

Un blog, un forum, un site, c’est un lieu privé. Il ne s’y passe que ce que les responsables décident. Et quand on est responsable, il ne faut avoir aucune gène, aucune hésitation, aucun complexe à décider. C’est pour cela que tout espace ouvert à la collaboration doit exprimer le plus clairement possible quel type de collaboration on recherche, ce qu’on y fait, comment on le fait et qui peut faire quoi et comment.

Un restaurant indique clairement que c’est un lieu où l’on peut manger en payant. Et le menu est généralement affiché. On ne vient pas y garer son vélo, y acheter une chemise ou y déclamer des poèmes. Tout lieu sur le Web doit être aussi clair qu’un restaurant sur la nature de l’activité qu’on y pratique et sur les gens qui y sont conviés.

Et les règles, le sujets, les personnes et les types de collaboration peuvent (doivent?) être différents pour chaque blog, pour chaque auteur et sans doute parfois pour chaque sujet. C’est chez vous? Soyez singulier.

De quels outils a-t-on besoin pour faire respecter notre territoire journalistique?

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II – AVOIR UN BLOG OUVERT À LA COLLABORATION, C’EST DE LA RÉDACTION EN CHEF

Je ne sais pas si vous avez déjà été rédacteur ou rédactrice en chef d’un produit de presse, mais voilà ce que ça veut dire pour moi:

En tant que rédacteur en chef, je suis responsable de tout le contenu de mon média.

Responsable, ça veut dire: j’ai tout lu, tout vérifié, tout approuvé et s’il y a lieu j’ai révisé, corrigé, réécrit, mis en forme. Ou j’ai fait confiance à quelqu’un pour faire tout cela, mais le résultat est le même: dans tous les cas, s’il y a erreur de fait, faute d’orthographe, citation erronée, c’est ma responsabilité pas celle de mes collaborateurs. Je les couvre parce que quand je publie quelque chose, j’endosse tout: c’est moi qui présente ce contenu.

Cette seule idée fondamentale suffit à changer tout le contexte et permet d’amorcer une collaboration avec les gens que ça intéresse. Cela fait cesser immédiatement toutes les complaintes des journalistes impuissants qui se lamentent de la qualité des commentaires qui suivent leurs écrits: si ce blog est le mien, je suis responsable de tout ce que j’y publie, y compris les collaborations d’autres personnes.

Est-ce possible? Sûrement, si on trouve des réponses aux deux questions suivantes.

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III – QU’EST-CE QU’ON FAIT DANS (ET AUTOUR DE) CE BLOG? DU JOURNALISME

Il faut en finir une fois pour toutes avec la dichotomie actuelle entre les textes de journalistes qui sont “de l’information” et les commentaires des lecteurs qui sont “n’importe quelle opinion sur ce texte, sur cette information, sur la personne qui l’a écrite ou sur un commentaire précédent.” Sauf, bien sûr, dans le cas où vous voulez, précisément, connaître l’opinion de vos lecteurs, mais ce n’est pas le sujet ici.

Ici, on parle de faire du journalisme Web de collaboration avec les lecteurs que ça intéresse.

Donc on décide faire du journalisme: recueillir de l’information, des faits, des références, des dates, des chiffres, des graphiques, des noms, des citations, des images, des vidéos, du son. Puis les assembler, les présenter. Puis, comme on est sur le Web, les suivre, les enrichir et les mettre à jour.

À quoi ça ressemble?
Bonne question: on est là pour explorer. D’ici là, il y a des journalistes qui utilisent déjà Twitter et leur blog pour faire des recherches avec certains de leurs lecteurs.

De toute évidence, il faut se comporter comme un rédacteur en chef: choisir avec ses collaborateurs un thème, un ou plusieurs sujets et trouver des informations, des faits , des références, etc.

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IV – AVEC QUI ON FAIT DU JOURNALISME? AVEC LES GENS QUE L’ON CONNAÎT

C’est un fait bien connu des résidents du Web: les communautés grandissent une personne à la fois.
Beaucoup de journalistes vivent sous la pression terrible qu’ils doivent ouvrir leurs pages à n’importe quel millier de lecteurs qui passe par là. Rien ne nous y oblige.
Les communautés grandissent une personne à la fois? Faisons donc grandir notre bassin de collaborateurs une personne à la fois.

Là, d’un seul coup, tout devient plus simple.
Partons de zéro.
Connaît-on au moins une personne dont on est sûr de l’identité sur le Web et qui est intéressée à collaborer avec nous?

1!

2? Tous les journalistes partent avec un avantage énorme: ils connaissent avec certitude l’identité sur le Web de nombre de leurs collègues journalistes.

On voit déjà beaucoup de journalistes échanger sur Twitter. Pourquoi ne le feraient-elles pas sur leur blog?
Aussi, la première communauté d’une rédaction, ce sont ses journalistes.

Le problème fondamental de la collaboration sur le Web, c’est l’identité des participants.
Il existe beaucoup de systèmes différents pour établir une identité stable, que ce soit celle de Twitter, celle de Metafilter, celle de Google Profile, celle de flickr, celle de Linkedin, celle de facebook, celle de eBay, celle de Worth1000, celle d’Amazon et tant d’autres. Dans une entreprise de presse, seuls les éditeurs peuvent décider d’investir dans un système sérieux d’identité pour les collaborateurs, où l’on enregistre les collaborations, où l’on s’en souvient, où on les apprécie et, s’il y a lieu, où on les récompense.

Mais comme le dit le titre de cette session, il s’agit aujourd’hui de tenter de faire du journalisme Web de collaboration tout de suite, en attendant que notre éditeur voit la lumière et nous en donne les vrais moyens.

On peut commencer tout de suite, sans être pressé: une personne à la fois. Une que l’on connaît, une que cette personne connaît, une dont l’identité est déjà établie de plusieurs sources sur le Web, etc.

Le reste, c’est du journalisme.

Qu’est-ce qu’on attend?

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Quelques références:

Jay Rosen écrivait dans Twitter:

L’art de créer de meilleures conversations dans les commentaires n’est pas un des mystères de l’Internet. En fait, beaucoup de connaissances sont disponibles sur le sujet.

Il y introduit un article de Matt Thompson dans Poynter dont je recommande la lecture (et la relecture) dans lequel ce dernier explique comment améliorer les conversations. Matt s’inspire notamment de la communauté MetaFilter, qui est également ma référence pour beaucoup des structures de communauté.

Indispensable: les recommandations du Guardian à ses journalistes pour leurs interventions dans les blogs et les commentaires.

Enfin l’article de Benoit Raphaël où il présente l’espace de participation Le Plus qu’il a conçu pour le Nouvel Observateur:

L’idée ici est bien d’embarquer l’auteur “citoyen” dans une dynamique éditoriale.

Journalisme Web au Médiacamp Montréal 2011

May 16th, 2011 by bruno boutot

Le 28 mai 2011, je vais animer une session au Mediacamp Montréal 2011 sur le thème:

Comment commencer tout de suite à faire du journalisme Web en collaboration avec vos lecteurs simplement avec votre blog,
en attendant que votre éditeur vous fournisse un jour les vrais outils.

Je crois bien que dans ma vie entière de journaliste je n’ai jamais écrit de titre aussi long!
Ce n’est pas très accrocheur, cependant je ne m’adresse pas au grand public dans un kiosque mais à des professionnels très occupés et il vaut mieux être explicite. :-)

J’ai déjà expliqué ici ce que sont les camps, mais à titre de rappel simple: les conférences traditionnelles ont un conférencier et invitent des auditeurs; les camps ou anticonférences n’invitent que des participants. Le rôle de l’animateur d’un camp est donc simplement de présenter le sujet, d’animer la discussion entre les participants et d’en retenir l’essentiel.

J’ai participé depuis leur origine à l’animation des Webcamps créés par Sylvain Carle au Webcom Montréal. J’ai également présenté le concept des camps à des groupes qui voulaient en organiser, entre autres à des responsables en informatique du gouvernement à Québec et aux HEC à Montréal.

Au cours des prochains jours, je vais poster ici mes notes concernant le sujet et quelques pistes à explorer.

Donc, l’important, bien sûr, c’est de participer :-) mais d’abord, pour pouvoir participer au MediaCamp Montréal il faut s’inscrire:

MediaCamp Montréal